Louis XVI Le Roi-Martyr

Category: Livres,Histoire,France

Louis XVI Le Roi-Martyr Details

A la tête d'une France au zénith de sa postérité et de sa puissance, libérateur de l'Amérique, parvenu grâce à ses connaissances techniques à reconquérir la maîtrise des mers, Louis XVI pouvait être un roi digne de gloire; il ne sut être qu'un roi martyr. Intelligent, instruit, perspicace, aimant son peuple et voulant le bien avec passion, il méconnut les choix qui auraient désarmé ses adversaires et évité une révolution. Cette biographie sans complaisance le montre tel qu'il fut, en butte à la funeste influence de Marie-Antoinette et de ses amis, finalement rejeté dans une solitude tragique. Son règne aurait pu être heureux. Il ne fut qu'une marche vers le supplice. Sa mort rédemptrice, il n'avait que trente-huit ans, éclaire d'un jour définitif sa vie et son caractère.

Reviews

Bordonove critique le vote par corps et non par tête dans les Etats généraux, ce qui donnait ainsi la prééminence à la noblesse et au clergé. Mais n'est-il pas logique que l'avis de l'aristocratie d'alors prévale sur celui des autres classes ? Ce qui est scandaleux, c'est davantage la représentation du "tiers-Etat" par la bourgeoisie devenue aussi riche et puissante que la noblesse. Bordonove poursuit sa critique en disant que « Louis XVI et Necker ont ignoré la nature du mandat des membres des états généraux qu'ils avaient reçu de leur électeur », ce qui est faux, car les membres des Etats généraux, depuis leur création sous Philippe le bel, n'ont toujours eu qu'un mandat impératif et non représentatif. Ils étaient donc réunis pour faire part au roi de ce que les habitants de leur circonscription se plaignaient et non pour faire part de leurs propres revendications au nom de leurs habitants. Ils ne devaient être que des rapporteurs et non des représentants, et encore moins les représentants de la nation ! C'est bien là la différence entre les Etats-généraux et l'Assemblée nationale, et plus largement entre la souveraineté populaire et la souveraineté nationale ; différence que Louis XVI et Necker avaient bien saisi (on notera au passage que c'est d'ailleurs assez paradoxale et ironique de constater que de par les Etats généraux et les Cahiers de doléance, la monarchie était alors plus proche de la souveraineté populaire que la république !).Concernant la fondation de l'assemblée constituante par les Etat généraux, Bordonove s'émeut devant la rhétorique, les théories et même la logique de l'abbé Sieyes, membre des Etats généraux, qui disait : « l'assemblée juge que c'est un devoir pressant pour tous les représentants de la nation [...] de se former sans autre délai en assemblée active...» Or, Bordonove n'aurait du ressentir ici que du mépris envers cet abbé de papier, qui par cette déclaration, s'est fait de facto et de jure hors-la-loi. En effet, l'assemblée en question n'avait évidemment pas le droit de juger, et encore moins celui de décider seul de quoi que se soit, surtout sans même l'accord et la présence du roi ! Bordonove rajoute maladroitement : « Désormais (depuis la création illégale de l'assemblée nationale), tous les députés émanaient du peuple. C'était un pas en avant. » Or ces députés auto-proclamés d'une assemblée nationale non-voulue par la population et fabriquée arbitrairement par des membres du tiers, n'émanait point du peuple, ni véritablement de leurs électeurs. Certes, ils ont été élus, mais pour un mandat de député des états-généraux et non celui d'une assemblée nationale. C'était donc surtout un grand pas vers l'illégalité ! Bordonove persiste en disant : « La noblesse, au lieu d'admettre le fait accompli (l'usurpation du pouvoir par l'assemblée nationale), s'obstinait à revendiquer ses droits. » Encore heureux non ?! Suggère-t-il à la noblesse de se laisser marcher sur les pieds sans broncher ? Une bande de hors-la-loi venait de s'approprier tous les pouvoirs du royaume de France, et il aurait fallu en plus que les détenteurs de l'autorité légitime se laissassent faire ? C'est assez incroyable comme raisonnement. Je m'arrête là pour éviter d'être trop long dans ma critique, mais malheureusement tout l'ouvrage et jonché de petits commentaires de ce genre. Emporté par sa plume tantôt généreuse, tantôt paresseuse; mais aussi à cause surement de sa négligence, d'un petit penchant à gauche, et peut-être de certaines méconnaissances, Bordonove se contredit assez souvent, et se laisse alors écrire quelques énormités, ce qui gâche un peu son travail. Malgré tout, j'aime la façon d'écrire de Bordonove. Elle est intelligemment simple. C'est talent de conteur son indéniable. Quand on ouvre le livre, on ne veut plus en sortir. Les quelques pages sur les tristes journées du 5 et 6 octobre 1789 m'ont touché, tout comme celles sur les jours du roi lors de sa détention à la prison du Temple. Les commentaires ou citations des contemporains sont également un régal. J'ai appris pas mal de détails que jusque-là j'ignorais, et dans l'ensemble je peux dire que l'ouvrage m'a plu. C'est pourquoi je recommande sa lecture malgré mes désaccords avec l'auteur ; quant à moi, je vais continuer encore quelques temps à scruter l'histoire de France par la plume de Bordonove, avec la lecture cette fois de son : Louis XVIII.

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