Journal de Vézelay 1938-1944

Category: Livres,Romans et littérature,Biographies

Journal de Vézelay 1938-1944 Details

L'intention de Romain Rolland dans cette biographie de Ludwig van Beethoven, parue pour la première en 1903 aux Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, est de faire respirer aux hommes " le souffle des héros ". Du compositeur il dresse un portrait élevé : " J'appelle héros seuls ceux qui furent grands par le cœur. " C'est grâce à l'héroïsme que Beethoven fut plus fort que son propre destin. Ce sujet ne quittera d'ailleurs jamais l'esprit de Rolland. Voici, racontée depuis son enfance triste et misérable jusqu'à la maladie qui le conduisit à la mort, la vie d'un homme qui a beaucoup souffert et qui pourtant a fait de la Joie un thème central de son œuvre. Comme le souligne Jean Lacoste dans sa longue présentation, il ne s'agit pas ici d'une œuvre de musicologie : " La vie de Beethoven ne relève pas seulement de l'histoire de la musique ; elle doit apporter par son exemple un soutien et un réconfort, la présence d'un ami, d'un confident. C'est probablement cette dimension humaine, cette leçon de "résilience' – pour employer un terme récent – que Rolland retrouve dans la figure fraternelle de Beethoven. " Au moment où l'œuvre de Romain Rolland connaît un second souffle, cette Vie de Beethoven apporte un éclairage décisif à la connaissance de cette pensée inspirée et généreuse. Jean Lacoste est philosophe et germaniste. Auteur de plusieurs ouvrages sur Goethe, il a également traduit Nietzsche et Walter Benjamin. Depuis de nombreuses années, il s'intéresse à l'œuvre de Romain Rolland, dont il a établi l'édition du Journal de Vézelay 1938-1944 (Bartillat, 2012).

Reviews

En 1939, Giono (qu'on nous a conditionné à regarder comme un doux pacifiste un peu innocent) décrète que Romain Rolland est "mort" !!! Tandis que des habitantes de Vézelay signent une pétition pour que le prix Nobel soit chassé de la colline eu égard à ses écrits. D'ailleurs, une émeute de bourgeois admirateurs de Charles Flandin tentera de saccager la demeure des époux Rolland sur la colline inspirée. L'Histoire est ainsi : aujourd'hui, à Vézelay, les pubs n'hésitent pas à faire appel au nom de R. Rolland pour attirer les chalands alors qu'hier, le même était une sorte de pestiféré.Mais, pour ne pas tout peindre en gris, ce Journal sous apprend (ou du moins, m'apprend) qu'un soir de 1939, une frêle silhouette noire frappe à la porte des Rolland. C'est Elisabeth, veuve du roi Albert 1er. Retournant en Belgique, elle a vu en bord de nationale, une plaque routière indiquant : Vézelay. La reine des Belges n'hésite pas. Elle fait un détour pour venir exprimer au prix Nobel toute son estime, son admiration aussi, prouver la connaissance profonde de son oeuvre et échanger avec lui des pensées de haut vol.Mais pour ne pas rester au niveau des anecdotes, je ne puis que confirmer les deux premiers commentaires publiés avant celui-ci, commentaires complémentaires avec lesquels aucune redondance n'est utile.Ce Journal n'est donc pas bavard. C'est le buvard précieux d'une époque qui s'étend de la montée des barbarismes piétinant les démocraties jusqu'à la libération. Non sous la plume d'un fanatique ou d'un indifférent, d'un homme pris dans ses compromis ou cherchant son nombril, d'un manipulateur ou d'un encenseur mais d'un Humaniste.Seul regret : le volume est... volumineux et le brochage donne des sueurs froides !

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